Je ne suis pas cool

pas-coolAu secondaire, je connaissais le nom de tout le monde.
Mais je n’ai jamais été la personne dont tout le monde connaît le nom.
Bouhou.

Je n’étais pas loner ni rejet.
Mais j’étais dans le secteur enrichi.
J’aimais l’école.
Pis les profs.

Tsé, je buvais mes king-cans à la paille.
Je fumais du pot.
J’écoutais Nirvana.
Bob Marley.
2Pac.
Et of course les Stones.
Je jouais de la guitare.
Je faisais rire tout le monde tout le temps.

Mais je n’ai jamais été cool.

Pourtant, je suis vraiment aimée par les gens qui me connaissent.
Je suis souvent un des éléments ‘au centre’ d’un groupe.
Paraît même que j’ai un leadership naturel (et non chimique?).
Et à 30 ans, je fais encore et toujours la fête comme si j’avais 17 ans.
Word.

Mais je n’ai jamais été cool.

Gabidou est cool.
Jenny est cool.
Pupuce est cool.
Eduardo est cool.
Jaëlle est cool.
Christina est cool.
Alex est cool.
Claire est cool.

Mais la Poup’ n’est pas cool.

“Mais la Poup’ a déménagé à Berlin, capitale mondiale du coolness, elle est donc cool par association.”
Eh non!
Si t’es pas cool à Ahuntsic, tu ne seras pas cool à Kreuzberg.

Encore vendredi, j’étais avec une collègue américaine et ses amis.
Des gens pas dans ma ligue.
Scandinaves.
Artistes.
Créatifs, en tout cas.
Des gens à la réplique intelligente.
À la dégaine désinvolte.
À l’humour éduqué.
Au verbe aiguisé.
Et j’avais comme l’impression d’être la p’tite soeur gossante qui sort avec les grands.
Qui se dit dans sa tête ‘sois cool’, ‘sois cool’.

Dans sa tête de pas cool.

Mais amenez-moi des parents anytime.
Amenez-moi des Ginettes et des Andrés.
Amenez-moi des Nicoles et des Yvons.
Des Pierrettes et des Jacques.
J’ai toujours été bonne avec les adultes.
Avec les boomers.

Cool, hein?

Non, je sais.
Je suis la Poup’ et je ne suis pas cool.

 

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Des fois, je feel hippie peace and love

Si j’avais pu choisir, je serais née à la fin des années 1940.
Pour le LSD, tsé.
Mais pas que.
Aussi pour assister aux grands mouvements sociaux.
Pour être entourée d’hommes qui portent la barbe.
Pour vivre dans une commune.
Pour aller à Woodstock. Pis pas celui en Beauce.
Pour voir un show des Beatles.
Pour mettre des flowers dans mon hair.
Et surtout, pour aimer Mick Jagger au grand jour et ne pas me faire dire “arke, yé vieux pis hideux”.

L’inimitable Mick Jagger

Quand on me demande ce que j’aime comme musique, je me sens jugée.
Parce que je réponds la même chose depuis genre 1995.
Parce que ça manque de diversité.
Pis c’est pas de mon âge.
“J’aime surtout le Classic Rock et le Folk des années 60-70s”.
Bon, j’écoute du Rap ici et là, des tounes de Nowell quand c’est le temps pis du Jazz pour péter de la broue.
Mais il y a toujours, pas loin dans ma playlistJim Morrison ou James Taylor qui attendent leur tour.

C’est gênant.
Je rencontre des gens ici qui me parlent des artistes canadiens, pis de “comment que je dois donc être fière pis que ça doit donc ben être malade de vivre à Montréal pis d’aller voir les shows“.
Et moi de tuer leurs illusions : ‘je pourrais même pas reconnaître une track de Arcade Fire, fait que…’.
J’ai perdu plein d’amis potentiels à cause de ça, c’est sûr.

Et ça fait des années que ça dure.

***
Reconsitution historique

J’ai 11 ans, et je viens de commencer à foutre le bordel dans les vinyles de mon père (on le salue).
Sa douce et lui partent toujours pour des super longues commissions le samedi.
“Veux-tu venir avec nous chez Steinberg?”
“Non non, c’est beau, je vais rester ici.”
Quelques minutes plus tard, la Jeep noire sort de l’entrée.
Victoire!
Je m’installe près de la table tournante, d’où je ne bougerai pas pour les deux prochaines heures.
Deux heures de musique à tue-tete.
Deux heures à faire comme si je sais chanter en anglais.

Assise en p’tit bonhomme, je tripote les albums.
Mes pochettes préférées sont Ummagumma de Pink Floyd, Hot Rocks des Rollings Stones et l’album IV de Led Zeppelin.
Ah oui pis je dézippe ‘sticky fingers‘ une couple de fois.
Et, en boucle, j’écoute Hotel California en lisant les paroles dans la pochette.
Je les apprends par coeur.
Je n’ai aucune idée de ce que je chante, mais je sais que je viens de découvrir LA MUSIQUE.
***

Et ce sentiment ne m’a jamais quittée.
Encore tantôt, je cuisinais et j’écoutais ‘Old man’ de Neil Young.
C’est là que j’ai décidé de vous en jaser.
Parce qu’à 1:17 min., j’me suis dit : “câline, y s’en fait pu, d’la musique de même”.
Réflexion poche de boomer, hein?!

Mais ostie, c’est vrai.

Nice, Èze et Monaco en 36 heures

Je vais dire quelque chose d’impardonnable.
Que les générations futures m’en excusent.
La France, comme destination touristique, me laisse froide.

“Blasphème!!”

M’en fous.
Bien sûr, j’ai visité Paris à quelques reprises déjà (pétage de bretelles).
Et d’où j’habite, un week end à Paris c’est comme une fin de semaine dans les Laurentides quand j’étais à Montréal (pétage de bretelles (bis)).
Donc oui, j’aime Paris.
Pour les quelques amis que j’y ai, surtout.
Mais aussi pour les promenades.
Pour l’architecture.
Pour la romantique en moi.

Mais en dehors de Paris, la France ne m’a jamais réellement convaincue d’y aller passer mes vacances.
Je ne sais pas vraiment pourquoi.
C’est cher.
C’est un peu prétentieux ou arrogant, par bouts.
Je me suis toujours dit que la France, ce serait ‘pour plus tard’.
Jusqu’à ce qu’en décembre dernier je trouve des billets pas chers Berlin-Nice.
Au diable le ‘plus tard’, la France c’est ‘tu-suite’.

À go, je saute dans un Boeing easyjet vers la French riviera.
Vol matinal (nocturne, disons-le) et retour en aprés-midi le lendemain.
Une nuit, 3 villes, deux sacs à dos, 36 heures. Boom.

Dès l’arrivée, c’est le pied : fait chaud!
Quitter un grisonnant 5 degrés à Berlin et arriver en 15 degrés plein soleil matinal à Nice… on a connu pire!

Dans un des bus de ville (info transport en commun côte-d’Azur), on longe la promenade des Anglais, serpente les petites rues calmes, à l’affût de la faune qui s’éveille.
Un kebab en vitesse et c’est parti pour la petite ville médiévale d’Èze.
Je trouve toujours impressionnant de déambuler dans de minuscules artères piétonnes en pavés, et de m’imaginer la vie sale d’un autrefois moyen-âgeux.
Et Èze n’est ni plus ni moins qu’un labyrinthe de petites ruelles à flanc de montagne, où il doit être rafraîchissant de se promener en été. On y trouve quand même la Chèvre d’Or, un établissement Relais & Châteaux dans lequel mon budget ne me permettait pas de me poser la fesse. Parfois, on aperçoit la mer au loin, entre deux cactus et plants d’aloes.
“Dépaysement, bonjour!”

À la sortie du village, j’ai aperçu un petit chemin vers la plage, dont on dit qu’il fut parcouru à une certaine époque par nul autre que l’auteur du “ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort”, l’existentialiste allemand Friedrich Nietzsche.
#namedropping

En bas, la Méditerranée (aveu : je cherche chaque fois l’orthographe de ce mot avant de l’écrire… pathétique la Poup’).
Une belle plage de galets et une eau aux reflets turquoises.
Je vais vous dire qu’un 15 décembre, avoir les pieds dans la mer, ça bouleverse une Canayenne.

Le temps de prendre un bref bain de soleil et on se met en route.
En regardant l’horaire du retour vers Nice, je vois que Monaco est sur la route.
Monaco, ville de luxe… en autobus?
Oh oui!

Une rapide promenade dans la principauté monégasque et me voilà blasée.
Pour les gens que le bling, l’abondance et l’étalage de richesses branchent, c’est une destination intéressante.
Des immenses yachts attachés aux quais de la marina.
De rutilantes voitures de luxe parsemées le long des avenues.
Des dames drapées de Prada accrochés aux bras de grands bronzés.
Très peu pour moi.
Il fallut quand même aller admirer l’illuminé Casino de Monte Carlo, co-star de Daniel Craig dans Casino Royale.

J’étais contente de quitter l’opulence et de rentrer vers Nice, un peu moins tape-à-l’oeil.
En soirée, dîner dans un resto du Vieux-Nice, le 22 septembre, où j’avais fait une réservation quelques jours plus tôt.
J’ai lu un paquet de blogs restos avant de partir et j’ai décidé de tenter le coup avec cet établissement dont le nom est tiré d’une chanson de Brassens (câline que je vous en apprends, des choses).
Si vous y allez un jour, trois mots : beignets de camembert.

Le lendemain, j’ai eu envie d’un peu d’exercice (oui, trois mots : beignets de camembert).
D’abord, un arrêt bouffe pour tester la spécialité locale, la socca, une genre de grosse crêpe à base de farine de pois chiche.
Pas trop dans mes cordes, mais au moins c’est lourd et ça permet de tenir quelques heures.
Petite marche dans la ville, pause plage, puis c’est parti pour la Colline du château, du haut de laquelle on a pu observer
les jolis toits niçois couleur rouille.

Finalement, le séjour se terminera avec la très brève visite d’une superbe église russe orthodoxe, la cathédrale Saint-Nicolas.
Décor riche et chargé. Couleurs éclatées.
Ça change des églises catholiques ou protestantes, je vous jure!

Le retour fut accompagné d’une fine couche de neige.
“Willkommen in Berlin”
Ouain, c’est ça.
Verdict sur la France : à explorer plus en profondeur, définitivement.
La Provence m’attire particulièrement…
Stay tuned!

P.S. Si vous avez des questions précises sur mon séjour, écrivez-moi dans les commentaires!

Les ruelles d'Èze

Les ruelles d’Èze

Paysage médiéval

Paysage médiéval – Èze

La Méditerrannée, au loin

La Méditerranée, au loin

D'étroits passages vers la sortie (je pense!)D’étroits passages vers la sortie (on pense!)

Le chemin emprunté par Nietzsche

Le chemin emprunté par Nietzsche

Décembre, les pieds dans l'eau. Fait frette.

Décembre, les pieds dans l’eau. Fait frette.

Meilleure façon de se reposer après une marche semi sportive!

Meilleure façon de se reposer après une marche semi sportive!

Le Grimaldi à l'origine du règne de la famille du même nom sur la principauté de Monaco. Il s'est introduit dans le château, alors propriété génoise, déguisé en moine. Rusé Grimaldi, va.

François Grimaldi, dit ‘le rusé’, à l’origine du règne de la famille du même nom sur la principauté de Monaco. Il a pris possession du château, alors aux Génois, en s’y introduisant déguisé en moine franciscain.

La jolie place devant le château

La jolie place devant le château

Le château de Monaco

Le château de Monaco

Monaco - en regardant bien on voit le rouge et blanc des vibreurs du Grand Prix

Monaco – en regardant bien on voit le rouge et blanc des vibreurs du Grand Prix

Bizarre marché de Noël au thème hybride... pas compris

Bizarre marché de Noël au thème hybride… pas compris

Casino de Monte Carlo

Casino de Monte Carlo

Fa-bu-leuse installation pour les Fêtes, à Nice.

Fa-bu-leuse installation pour les Fêtes, à Nice.

"Ta mère elle suce des ours" Chacun son truc,  hein!

“Ta mère elle suce des ours”
Chacun son truc, hein!

Pause avant l'ascension de la colline du château

Pause avant l’ascension de la colline du château

Vue du haut de la colline

Vue du haut de la colline

Autre vue sur les toits de la ville

Autre vue sur les toits de la ville

Vers le centre-ville de Nice

Vers le centre-ville de Nice

Cathédrale Saint-Nicolas, église orthodoxe russe

Cathédrale Saint-Nicolas, église orthodoxe russe

Retour à Berlin - il neige!

Retour à Berlin – il neige!

Alors, la Crète?

Mai 2012.
On discute d’un possible voyage en Crète.
4 amis.
Dont un Crétois. Nikolaki.
“Alors, on booke? Mois d’août?”
“Bah, oui… pourquoi pas… on pourrait regarder ça… en parler… y penser…”
“Non, non. On booke. Live.”

11 août, arrivée à Heraklion.
Les parents de Nikolaki nous conduisent à Chania, notre port d’attache.
Sur place, nous ferons un tour de bateau autour de l’Île aux cris-cris, nous visiterons un monastère et la vieille ville.

Mais d’abord, une excursion vers Balos.
Un lagon où (potins) Lady Di et Charles auraient ancré leur Yacht il y a plusieurs années.
Balos est tout au bout d’une ‘route’ sinueuse, en bonne vieille ‘gravelle’, qui s’étend le long d’un ravin.
Et bonjour les embouteillages de chèvres.
Faut pas être pressé.
Ni avoir le vertige.
Mais quelle récompense lorsqu’on y arrive enfin!
Les eaux turquoises, le sable fin, le soleil vif.

En soirée, après cette dure journée, on s’installe à Falassarna.
Camping sauvage.
Sur la plage.
Au son des vagues.

À deux minutes à pied, le Sunset.
Bouffe crétoise typique.
Meilleur poulpe grillé. Au monde.
On y mange dehors, sur cette terrasse.

Au matin, départ vers la plus belle plage.
Elafonissi.
Les photos parlent d’elles-mêmes.
Une grande pataugeuse naturelle.
Des rochers qui abritent des crabes et des lézards.
D’ailleurs, les tortues caouannes, menacées d’extinction, ont choisi Elafonissi comme refuge.
Ce n’est pas peu dire.
En tout cas, moi, si j’étais une tortue caouanne, je ferais la même chose.

Quelques jours plus tard, on part pour les Gorges de Samaria.
Arrivée, à l’aube, à l’entrée du parc national.
1250 mètres d’altitude.
Seize kilomètres de descente.
Après plus de cinq heures de marche, on découvre le village d’Agia Roumeli.
Une petite ville pleine de touristes.
Des plages noires (et brûlantes).
Une courte baignade, quelques bières de trop et hop, à l’abordage.
On embarque sur le bateau vers Sougia, où nous passerons 2 nuits.
Encore en camping. Encore sur la plage.
La grosse misère.

Deux nuits?
Bah… non.
Une violente tempête de vent s’abat sur nous au petit matin.
Des dizaines de tentes ici et là, à plat ventre.
On met nos goggles et on plie bagages.
So long, Sougia!

De retour à Chania, les plages sont désertes.
Trop de vent.
Trop de vagues.
Notre ami local a une idée.
Un petit bras de mer normalement protégé du vent.
La baie de Stefanou à Akrotiri.
Ou ‘Seitan Limania’ pour les Crétois.
“Ça veut dire quoi?”
“Port de Satan”.
Embarque dans l’auto.
Merde.
La route est bloquée.
“Non, non” nous dit le local “je reviens”.
Il sort de la voiture, pousse la barrière qui bloque la route, et nous fait signe d’avancer.
On avance.
Il referme derrière nous.
Rembarque dans l’auto.
Go.
V.I.P. style

Le chemin vers la plage est suicidaire.
Escarpé.
À droite, des roches pointues comme des couteaux.
À gauche, la chute.
Fatale.
Le sol poreux est rouge sang.
Mes gougounes blanches ne sont plus les mêmes…

Et la baignade?
Aussi suicidaire que le chemin qui nous y a menés.
Impossible de rester debout face aux vagues.
On se fait traîner au sol.
Rocailleux.
On boit des litres d’eau.
Par le nez.

J’ai eu une joue au beurre noir pendant 2 jours.
Clairement, on a frôlé la mort.

L’après-midi suivant, Babis, capitaine de notre mini-croisière et père de Nikolaki, nous conduit à l’arrêt d’autobus vers Heraklion.
C’est déjà la fin.
C’est court, 10 jours.

La Crète, c’est difficile à décrire.
Ça se vit.
Ça se mange.
Beaucoup et bien.
Ça se baigne.
Ça se respire.
Ça ne s’oublie pas.

Θα επιστρέψω, Κρήτη. Θα επιστρέψω…

Merci, Nikolaki.

Notre maison d'adoption à Chania

Notre maison d’adoption à Chania

Légumes frais du jardin, farcis de riz et d'un je-ne-sais-quoi crétois. À tomber.

Légumes frais du jardin, farcis de riz et d’un je-ne-sais-quoi crétois. À tomber.

Port vénitien - Chania

Port vénitien – Chania

Vieille ville de Chania

Vieille ville de Chania

Rues étroites de la vieille ville - Chania

Rues étroites de la vieille ville – Chania

Le lagon de Balos, vu d'en-haut

Le lagon de Balos, vu d’en-haut

Campement en préparation

Campement en préparation

Coucher de soleil à Falassarna

Coucher de soleil à Falassarna

Salade crétoise avec myzithra (fromage inimitable) et paximádi, petit pain croûton introuvable ailleurs - restaurant Sun set à Falassarna

Salade crétoise avec myzithra (fromage inimitable) et paximádi, petit pain croûton introuvable ailleurs – restaurant Sunset à Falassarna

Repas de dieux - Restaurant Sun set à Falassarna

Repas de dieux – Restaurant Sunset à Falassarna

LA salade de poulpe grillé - Falassarna

LA salade de poulpe grillé – Falassarna

Les eaux d'Elafonissi

Les eaux d’Elafonissi

Elafonissi et son isthme de sable

Elafonissi et son ‘isthme’ de sable

Poisson du jour

Prise du jour, à la maison – Chania

Chiania by night

Chania by night

Délectable chèvre au menu, gracieuseté de notre famille d'adoption

Délectable chèvre au menu, gracieuseté de notre famille d’adoption

Samaria, à l'aube

Le parc National des gorges de Samaria, à l’aube

Pont de fortune

Pont de fortune – Samaria

Les étroits passages entre l'ombre et le soleil

Les étroits passages entre l’ombre et le soleil – Samaria

Plage parsemée de tentes à Sougia

Plage parsemée de tentes à Sougia

Le groupe et le monastère au loin - Chania

Le groupe et le monastère au loin – Chania

Coucher de soleil depuis la chapelle - Amen!

Coucher de soleil depuis la chapelle – Amen!

Notre embarcation dans le port de Chania

Notre embarcation dans le port de Chania

Capitaine Babis

Capitaine Babis

Le port vénitien de Chania, au loin

Le port vénitien de Chania, au loin

Île aux cris-cris, où l'on a déporté ces chèvres sauvages. L'île est interdite d'accès aux humains. Nombre de cris-cris aperçues : zéro.

Île aux cris-cris, où l’on a déporté ces chèvres sauvages. L’île est interdite d’accès aux humains. Nombre de cris-cris aperçues : zéro.

Plus clair que l'eau de roche

Plus clair que l’eau de roche

Festin au restaurant - Chania

Derniers festin au restaurant, pour l’anniversaire de Nikolaki – Chania

 

 

À gauche à droite… pour vrai

Quand j’ai commencé à écrire ce blog, je me suis dit que ce serait un bel endroit où témoigner de mes nombreuses escapades européennes et de ma vie sur le vieux continent. De mes tours de ville en vélo rouillé bleu poudre. De mes promenades solitaires dans les ruelles sombres d’Espagne. De mes baignades interdites à minuit dans les fontaines romaines.

Finalement, j’écris (peu) sur beaucoup de choses, mais pas là-dessus.
J’écris beaucoup sur l’exil, ce dont je suis la première étonnée.

Ceci dit, en dehors de mes mini voyages dont vous êtes déjà au courant (Genève, Barcelone), il se trouve que la Poup’ s’est promenée, ces derniers temps.
J’ai donc envie de vous proposer une petite série voyages.
“Oui, oui, on le veut”.

Donc nous commencerons sous peu avec la Crète.

Mais d’ici là, quelques photos de Berlin l’hiver, puis au printemps.

À bientôt!

Une intersection près de la maison

L'hiver, à deux pas de chez moi

Devant le bureau, mars 2013

Du beau poisson fumé au marché Mauerpark

Tour de la télé - symbole de Berlin

La fonte des neiges à Mauerpark, avril 2013

Street art à Mauerpark... so very Berlin

1983 – 2013 : Une époque

babycatfbÇa se peut qu’ils oublient d’en parler dans les livres d’Histoire.
Ça se peut même qu’ils ne le mentionnent pas aux nouvelles.
Ni à Radio-Can. Ni à TVA.
Il est même possible que cette date ne soit jamais déclarée jour férié.

Mais ne laissez personne vous en faire douter :
C’est arrivé aujourd’hui.
Près de chez vous. Ou pas.
Vous l’avez remarqué. Peut-être.
Cela vous a échappé? Dommage.

J’ai eu 30 ans.

La fameuse fin de la vingtaine.
Comme la fin d’une vie.
On n’entend jamais personne dire : “Eille, on n’a pu 30 ans, hein!?”
Non.
On dit : “Eille, on n’a pu 20 ans, hein!?”
Jusqu’à ce que ça devienne ridicule.
Pis là, on passe au “Eille, on n’est pu jeune-jeune, hein!?”

C’est vrai que c’était cool, 20 ans.
Toutes les 10 années avec un ‘2’ devant, même.
Les autres d’avant aussi.

Mais là, c’est la trentaine.
On continue tu?
Pense ben.

Ok.
Pas le choix.
Fait que je vais faire mon adulte responsable (est bonne!) et regarder vers l’arrière, avec une prétendue sagesse.

Remémorons-nous ces 30 dernières années (ce dont je me rappelle parce que bon, y a des bouttes flous… surtout les mercredis pis les dimanches).
Y a des choses dont j’me dis…
“ouain ça, c’était pas ma meilleure… même pas dans le top 6,000”
ou
“je conterai pas celle-là à mes p’tits”
ou
“chu tellement chanceuse de jamais m’être fait péter ‘a yeule”
ou
“voir que je ne me suis pas fait pogner”
ou
“j’aurais donc aimé ça avoir le temps de me rendre aux toilettes, mais pour ça y aurait fallu que je trouve la porte dans le mur…” (true story)

Et y a des choses dont j’me dis…

“où était l’équipe de la Bonne Nouvelle TVA?”
ou
“j’aurais donc dû appliquer à l’école de l’humour”
ou
“yo, on devrait vivre dans une grande commune”
ou
“maudit que chu belle et intelligente (ça, je me le suis dit souvent)”
ou
“faut que je revienne ici une fois dans ma vie”
ou
“eille, man, une sangria le lendemain, c’est encore bon!”

Mais ce que je vois surtout, quand je regarde ma vie dans mon 3D View Master, c’est du monde.
Des humains.
Ceux que j’ai croisés, connus, haïs, perdus, retrouvés, oubliés, voulus, eus, regrettés, barrés, admirés, aimés…
Ceux avec qui j’ai joué, ri, marché, voyagé, pleuré, parlé, médit, bu, rebu, mangé, découvert, péché, appris…
C’est vous.
Les vieux, les nouveaux, les anciens, les futurs, les plus-jamais, les peut-être-un-jour.
Merci de faire partie de mes souvenirs.
Et/donc de ma vie.

Oui, parce que sans vous, je serais seule.
“Ben là, niaiseuse, c’est ben sûr!”
Je sais.
Mais c’est vrai pareil.

Dans un grand boeing bleu de mer

retourmontrealC’était Noël, avant.
Avant ça encore, c’était l’été.
Et les vacances.
Il y a eu des changements, aussi.

Je n’arrête pas de vous promettre des explications sur tous ces changements.
Mais il me semble m’être trop étendue en paragraphes personnels, alors que finalement, on se connaît pas tant que ça toi pis moi.
Je vais garder un peu mes distances.
Je vais essayer.
Ok, donne-moi un p’tit verre, pis j’te conte TOUTTTTE.

J’ai quitté mon ancien chum, j’ai changé d’appart, j’ai rencontré quelqu’un, j’ai perdu ma job, j’ai trouvé une autre job, j’ai arrêté de fumer et j’ai changé de lunettes.
Chronologiquement.
Mon nouvel appart il est trop bien, mon nouveau chum il est incroyable, ma nouvelle job est… inégale, mes nouveaux poumons sont roses et mes lunettes, hipster (qu’on m’a dit).

***

Mais j’écrivais pour vous parler de mon retour.
Chu r’venue. Puis chu r’partie.
Pis chu r’venue encore. Pis chu r’r’partie.
(Visiblement, on est dans une thématique Robert Charlebois).

Premier retour en novembre, puis pour les Fêtes.

Alors on vit ça comment, un premier retour, après plus d’un an?
C’est spécial.
Pis?
Bien contente de mon séjour.
Mais heureuse de retourner à Berlin.
Chez moi.
C’est ça qui est différent, maintenant.
Entre expatriés ici, lorsque l’on s’apprête à aller dans notre pays natal, on dit tous “I’m going home”.
Home.
Le sens du domicile, du ‘chez-soi’ – au point de vue des attaches, pas du bâtiment – change au fil des mois passés ailleurs.

Et pourtant, en terre natale, les choses sont les mêmes.
Les amis, la famille, ça ne change pas.
La vie des uns et des autres avance, bien sûr, mais les relations ne subissent pas ce passage du temps.
Alors pourquoi ce sentiment d’être en visite?

Parce qu’on est, précisément, en visite.
Mon séjour à Montréal, c’était comme aller chez ses parents un dimanche.
C’est familier, on se sent confortable, on y paresse, on en profite, on popotte, on papotte… et puis on s’en va et on est heureux d’aller retrouver son nid.

J’avais aussi quelques appréhensions, quant aux fameuses questions.
Et oui, pendant les Fêtes, j’en ai entendu beaucoup :
“Pis, es-tu contente d’être ici, la Poup’?”
“Ça te manque tu, Montréal?”
“Tu t’ennuies pas de t’ça, à Berlin : tes amis, la famille, la ville, entendre parler français…?”
“As-tu trouvé ça difficile de rentrer en Allemagne après être venue en novembre?”
“Envouèye, la Poup’, quand est-ce que tu reviens?”

Des questions bien légitimes, vous me direz.
Sans doute.
Alors on y répond. Encore.
Ben oui. Ben non. Pas vraiment. Du tout. Sais pas.

Au-delà des questions, mon passage en Canada a été des plus agréables.
Les amis.
La famille.
La neige.
Le Saguenay.
Les Fêtes.
La bouffe.
Les bars.
Le Vieux-Port.
Le Winners.
Le LaBaie.
La poutine.
Et les rires… surtout les rires.

Prochain arrêt dans le 514 : été/automne 2013.

D’ici là, on lit la Poup’?
Oui, oui, la Poup’ va écrire.